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Récital de Piano
Adrian Herpe
Concerts à 18h et à 20h
Émotion et talent à la chapelle Pol pour le récital de Adrian
Herpe
Un programme de musiques du XXe siècle, un choix de l’artiste
qui a l’objectif de faire découvrir et de partager la musique.
« Dans les brumes » est une suite de quatre mouvements peu
connue de Leoš Janáček, pleine de tristesse, de
désespérance, il la compose au moment où il se sent lui même
perdu, seul. Ses œuvres sont refusées, sa musique n’est pas
reconnue, il perd sa fille de 19 ans. Les brumes qu’il met en
musique sont celles de son esprit et de son cœur, profondément
meurtri.
Les éclats de gaieté qui sont des souvenirs ou des espoirs sont
rattrapés par la tristesse, la beauté indicible de la douleur.
Le talent d’Adrian Herpe est d’abord de ressentir cette musique
profondément, il est ensuite de l’expliquer avec des mots, il
est enfin d’interpréter cette musique en donnant à chaque note,
à chaque accord, à chaque silence la profondeur de son ressenti.
« La sonate n°8 » de Prokofiev est la troisième sonate dite « de
guerre ». Composée entre 1941 et 1945, c’est une sonate
monumentale. C’est la plus profonde et la plus complexe, car si
la 6 et la 7 expriment déjà l’horreur de la guerre, celle-ci met
en musique non seulement la bêtise, l’horreur de la guerre, mais
aussi le chaos intérieur, l’inquiétude, le doute.
Et puis un semblant de marche naïve met en scène comme des
soldats de plomb qui avancent au pas, et de plus vite et de plus
en plus fort pour arriver au chaos le plus absurde et le plus
cruel !
L’interprétation est émouvante, forte, virtuose aussi car cette
sonate est techniquement complexe, difficile pour faire passer à
la fois la violence du champ de bataille et l’émotion des gens
qui la vivent.
Un grand moment de piano qui a bouleversé le public de la
chapelle !
En bis , comme un baume apaisant pour la nuit, Adrian nous a
offert un poétique nocturne de Ottorino Respighi annonçant ainsi
le prochain concert de vendredi soir en « Nocturnes » puis des
« Jeunes filles au jardin » de Federico Mompou d’une délicatesse
et d’une grâce infinie après cette violence de la guerre encore
plus prégnante dans cette actualité qui nous bouscule tous.
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